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Testimony of Merve Kavakci at the United Nations Commission on Human Rights, March 23, 2005

Mr. Chairman,

I stand before you today as a member of a Turkish family whose lives have been torn about by the ban on headscarves for over 3 decades. As a daughter of two academics whose lives were also affected by the ban on headscarves, I found myself having to quit my medical school education as a freshman due to the same ban. My family had to move to a foreign land to live freely. Then, in 1999, I again paid the price for wearing a headscarf. After being elected to Parliament, when I walked in to the Turkish National Assembly to take my oath, my fellow parliamentarians’ chanted “get out, get out.” The Prime Minister called upon the MPs as he pointed at me and said “Put this woman in her place!” It took then the government only 11 days to revoke my citizenship and to start the prosecuting me for instigating hatred and discriminating against people. The result was closure of my political party and a ban on my political activities for five years. The price that I paid for being a woman with a headscarf, however, was not an exception, rather it was typical of the human rights violations that have been carried out by the Turkish state against its own women.

Originally what began as merely a provision to regulate the dress code of federal employees in the 1980s has become a means of patent discrimination against religious women. Mrs. Medine Bircan was a senior citizen who paid the ultimate price by losing her life in 2002. Because she wore a headscarf on her ID picture, she was denied healthcare in the emergency room of Istanbul Capa Hospital. That same year, at Ataturk University in Erzurum, mothers who wore headscarves to their children’s graduation ceremony were not permitted in unless they wore wigs on top of their headscarves. In 2003, Miss Hatice Hasdemir Sahin, a woman who appeared before the Supreme Court of Appeals in Ankara was denied the opportunity to give her testimony when a judge decreed that a public space could not be assumed with a headscarf. Today, thousands of young Turkish women and girls are excluded from schools, universities and jobs due to the ban.

Mr. Chairman, despite the effect of the ban on headscarves in almost every facet of a Turkish woman’s life, the ban should not have legal status. It contravenes the Turkish Constitution as well as the international conventions that Turkey is signatory to, including the Universal Declaration of Human Rights (UDHR), International Covenant on Civil and Political Rights (ICCPR) and the Convention of Elimination of Discrimination against Women (CEDAW). Nevertheless, enforcement of the ban is ubiquitous. This is a blatant manifestation of staunch secularism i.e. secular fundamentalism. Via this unique construct of secularism, the State systematically stifles and ostracizes women with headscarves. While the state ostensibly promotes equality and emancipation for the secular Turkish woman, it openly discriminates against religious women. It resorts to punishment such as the creation of “persuasion rooms” at universities for girls who wish to wear hijab.

The proponents of the ban claim that the headscarf is antithetical to the values of the developed world that Turkey yearns to be part of, i.e. democratic values. Mr. Chairman, if that is the case, can we claim that the police officer who strips a little girl’s headscarf off against her free will respects democracy and human rights? Can a State whose main responsibility is to meet the needs of her citizens justify discriminating against her own people simply because they choose to be religious?

Mr. Chairman, in this time and age, we, all, deserve to live and be treated in dignity. Our mothers have suffered, we have suffered, now our daughters are suffering. How can we assure that our grandchildren do not endure similar sufferings?

*****

Monsieur le Président,

Je me tiens devant vous aujourd'hui en tant que membre d'une famille turque dont les vies sont rendues difficiles par l'interdiction du voile depuis plus de trois décennies. Etant une fille de deux parents académiciens dont les vies ont également été changées par l'interdiction du voile, j’ai du arreter mes études à l'école de médecine en tant qu'étudiante de première année à cause de la même interdiction. Il a fallu que nous nous déplacions en terre étrangère pour vivre librement (pendant ce temps). Récemment, en 1999, j'ai payé le prix pour porter le voile en tant que parlementaire élue, quand je suis rentrée à l'Assemblée Nationale Turque pour prêter serment. Parmi les hurlements des parlementaires « sortez », le premier ministre a invité le MPs pendant qu'il se dirigeait vers moi et a dit « mettez cette femme à sa place! » Le gouvernement a alors pris seulement 11 jours pour retirer ma citoyenneté et pour commencer le processus d'une série de poursuites incitant la haine et la discrimination des personnes. Le résultat fut la fermeture de mon parti et d'une interdiction de mes activités politiques pendant cinq années. Le prix que j’ai payé pour porter le voile, cependant, n'était d’aucune exception, il était plutôt un épitomé des violations de droits de l'Homme qui ont été effectuées par l'état contre ses propres femmes.

À l'origine, simplement une disposition qui réglait la tenue professionnelle des employés fédéraux dans les années quatre vingt, l'interdiction est aujourd'hui utilisée en tant que des moyens de discrimination de brevet contre les femmes religieuses. Medine Bircan était un vieillard qui a payé le prix final en perdant sa vie en 2002. Elle a été rejetée de la salle d’urgence de l'hôpital d'Istanbul Capa pour avoir une photo avec un voile sur sa carte d'identité. La même année, à l'université d'Ataturk dans Erzurum, les mères des étudiants avec des voiles n'ont pas été autorisées à assister à la cérémonie de remise des diplômes et ont été contraintes à porter des perruques sur leurs voiles.
En 2003, Hatice Hasdemir Sahin, un défendeur féminin qui est apparu devant la cour d’appels suprême à Ankara n’a pas été autorisé à donner son témoignage quand le juge a décrété qu'un voile ne pouvait pas être porté dans un espace public. Aujourd'hui, des milliers de jeunes femmes turques et des filles sont rejetées des écoles, des universités et des travaux à cause de l'interdiction.

Monsieur le président, malgré l'application répandue et intransigeante dans presque chaque facette de la vie de la femme, de la place publique à la vie privée parfois, de l'interdiction du hijab en Turquie, dans la légalité ne doit pas exister. Parce qu’il viole la constitution turque et les conventions internationales la Turquie est signataire, y compris la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (UDHR), l'Engagement International sur les Droits Civils et Politiques (ICCPR) et la Convention de l'Élimination de la Discrimination Contre les Femmes (CEDAW). Néanmoins, en réalité l'application de l'interdiction est omniprésente. C'est une manifestation flagrante de laïcité dévouée, c’est-à-dire de fondamentalisme laïc. Par l'intermédiaire de cet unique interprétation de la laïcité, l'état systématiquement suffoque et bannit des femmes avec des voiles. Tout en favorisant les droits d'égalité et d'émancipation pour les femmes turques laïques, il accepte la discrimination contre ses citoyennes religieuses. Il recourt aux mesures nécessaires de la dissuasion et de la punition telles que créer des « salles de persuasion/coercion » dans les universités pour des filles avec le hijab.

Les partisans de l'interdiction réclament que le voile n’est pas éthique des valeurs contemporaines du monde développé dont la Turquie aspire à faire partie, c’est-à-dire des valeurs démocratiques. Monsieur le président, si c'est le cas, pouvons-nous réclamer que le policier qui ôte le voile d'une petite fille contre sa volonté respecte les valeurs démocratiques des droits de l'Homme? Que dire de la mentalité qui a laissé Medine Bircan mourir, jusqu’à quel point pouvons-nous dire qu’il s’agit de démocratie? Un état dont la responsabilité principale est de remplir les besoins de ses citoyens et de leur fournir les moyens de la prospérité peut-il justifier devenir « l'empêchement » devant ses propres citoyennes simplement parce qu'elles choisissent d'être religieuses?

Monsieur le président, au jour d’aujourd’hui, nous tous, méritons de vivre et d’être traités dans la dignité. Nos mères ont souffert, nous avons souffert, maintenant nos filles souffrent. Pouvons-nous nous assurer que nos petits-enfants n’endureront pas de douleurs semblables ?

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